L'Ecriture sans qualités
L'Echappée belle du désastre
Publié le 27/03/2009
Les temps vont changer. Ceux qui prédisaient encore cet été sous la pluie que nous vivions dans le meilleur des mondes s'empressent aujourd'hui de déclarer qu'il faut trouver une autre manière de vivre et des solutions à tous ces problèmes qui surgissent de partout et qu'ils n'avaient pas imaginés une seule seconde - assurés qu'ils étaient tous de leur croyance en ce système fondé sur l'exploitation de la planète et des peuples, juste pour l'enrichissement de quelques-uns.
DRÀ force de faire la sourde oreille et de jouer à l'autruche, il arrive simplement ce qui devait arriver : un crash trash. Mais il me semble que cela tombe à pic pour changer d'existence et faire le point sur le sens de nos activités, des journées, de notre présence ici bas. Car, tout n'est pas affaire uniquement de moyens financiers, de reconnaissance professionnelle ou de lutte pour le Pouvoir comme on tente de nous le faire croire depuis notre berceau ou comme on le pense en croyant que c'est ainsi qu'on se sentira « exister ». On peut même parier que le propre d'une existence comblée, c'est-à-dire d'une vie réussie, est précisément l'inverse.
Mais pour s'en convaincre, il faut parvenir à se poser quelques questions et respirer un coup... donc se détacher sérieusement de ces « obligations » qu'on se fabrique artificiellement. Ainsi, les lendemains de crise qu'on nous promet risque d'être plutôt éblouissants car en se détachant de ces obligations factices, nous ne pouvons que renouer avec des notions bien plus importantes comme le calme, le silence, le sommeil, la lecture, la contemplation, le temps, la réflexion, etc. qui sont les véritables clefs de la réussite et du bonheur absolu et nous permettent de nous projeter dans une vie choisie et non plus subie.
La question est : mais comment effectuer ce pas, presque un pas de danse ? Il faut avancer tout en obliquant légèrement, essayer de ne pas tout bazarder n'importe comment d'un coup de sang tout en modifiant néanmoins légèrement - mais nettement - la trajectoire pour parvenir à réorienter les actions, les obligations, les soumissions, les arrangements contre-nature vers un choix délibéré et libérateur.
Dans les arts martiaux, il s'agit ainsi de faire un pas de côté tout en conservant la position. Une subtile attitude entre le mouvement permanent (adaptation au contexte) et la stabilité continue (rester sur ses pieds, faire face). La lecture représente à sa manière - non pas en opposé mais en négatif - est une sorte d'art martial abouti : lire, étant un mouvement permanent qui incarne une action de fermeté, de résistance, de robustesse face à ce qui, sans cesse, essaie de nous bouffer, de nous engloutir.
DREvidemment, tout dépend de « ce » qu'on lit. Et tout dépend ensuite pour « quoi » faire... Une seule réponse me semble pertinente sur ce point et évite de trop hésiter : faire de sa vie une « œuvre d'art » quels que soient le domaine, l'activité ou la réalisation dans lesquels on compte s'investir. Voilà la seule ambition qui doit animer tout être encore humain car :
[...] le métier de guerrier n'eut plus d'attrait pour lui. Il avait espéré monter sur une scène où se dérouleraient des aventures qui bouleverseraient le monde et dont il serait le héros ; il voyait tout à coup un jeune homme ivre faire du tapage sur une vaste place déserte, où seules les pierres lui répondaient. Lorsqu'il eut compris cela, il dit adieu à l'ingrate carrière où il venait d'atteindre le grade de lieutenant, et quitta le service. - (L'Homme sans qualités I, Chap. 9 : "Le premier des trois essais pour devenir un grand homme").





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